|
Le Monde,
10/08/1995
HORIZONS DEBATS
CROATIE:
LE DROIT, LE DEVOIR, LA NECESSITE
par Paul Garde
(Article
présenté par L'association France-Croatie)
La Croatie a entrepris et, semble-t-il, réussi la
reconquête de plusieurs fragments de son territoire occupé depuis quatre
ans par les Serbes (la Krajina). En rétablissant son autorité sur ces
régions, elle exerce un droit. En le faisant aujourd'hui, et par les
armes, elle accomplit un devoir et se soumet à une nécessité.
LE DROIT.
La légitimité en droit international de cette
réintégration n'est sérieusement contestée par personne. Aucun pays au
monde pas même la Russie, pas même la Grèce ne nie que ces fragments
occupés sont partie intégrante du territoire de la Croatie. Le respect des
frontières internationales est un principe universellement proclamé par
l'ONU et par tous les gouvernements, la prétendue " République Serbe de
Krajina " n'était reconnue par personne. Il s'agit d'une affaire
intérieure croate. C'est évident, mais cela va encore mieux en le disant.
Passons sur les prétendus droits qui naîtraient de la présence dans ces
régions d'une population serbe. La souveraineté croate n'en est pas plus
limitée en droit international que celle de n'importe quel Etat sur ses
territoires habités par des minorités : Hongrois de Roumanie et de
Slovaquie, Turcs de Bulgarie, Grecs d'Albanie, etc. Dans les régions en
question, les Serbes étaient en 1991 à peine plus de la moitié de la
population, majoritaires ou non selon les communes : 88 % à Knin, mais 45
% à Petrinja, 29 % à Slunj, 21 % à Drnis, etc. Si dans toutes ces régions
il n'y a plus que des Serbes, c'est qu'en 1991 quasiment tous les Croates,
près de la moitié de la population, ont été expulsés, certains massacrés.
Avec les départs spontanés de Serbes dans ces quatre années, les Serbes
vivant en Krajina en 1995 sont moins nombreux que les Croates qui en ont
été chassés en 1991. Le droit des minorités doit être respecté, mais il
n'englobe pas celui de massacrer et d'expulser les majorités. Le plan
Vance de février 1992 plaçait ces régions sous la protection de l'ONU.
Mais deux des principales clauses de cet accord (démilitarisation, retour
des réfugiés) sont toujours restées lettre morte, du fait des Serbes, sans
la moindre réaction de l'ONU. Ce texte était donc depuis longtemps caduc.
Ainsi les fins de l'action croate sont légitimes. Mais on peut
s'interroger sur les moyens.
LE DEVOIR.
En Bosnie, les résolutions de l'ONU ont créé en 1993
six " zones de sécurité ", toutes peuplées de Bosniaques (musulmans) et
menacées par les Serbes, qui, en 1992, avaient massacré et expulsé les
Bosniaques des régions environnantes. L'ONU s'était ainsi chargée d'un
devoir : protéger les populations de ces six villes. Pour Srebrenica, un
général français avait engagé sa parole d'honneur.
Depuis deux ans, aucune des six villes n'a
durablement échappé aux bombardements meurtriers. En juillet de cette
année, deux d'entre elles, Srebrenica et Zepa, on été conquises par les
Serbes. Destructions, massacres, viols, expulsions massives... L'ONU n'a
rien empêché. On a vu des larmes de crocodile, entendu des exhortations
pieuses, et puis les deux enclaves ont été passées par profits et pertes.
Tout le monde a compris : maintenant ce sera le tour de Gorazde. Et aussi
de Bihac, où déjà l'on meurt de faim. Les chancelleries préparaient déjà
les futures protestations larmoyantes sur les morts de Bihac, les viols de
Bihac.
Les Européens auraient bien voulu venir au secours
de Gorazde, oui mais voilà, il leur manquait des hélicoptères américains.
Pour secourir Bihac, les Croates n'ont mendié les hélicoptères de
personne. Ils ont agi avec les forces qu'ils avaient, quand il fallait, là
où il fallait, sur cette mince bande de leur propre territoire occupée par
l'ennemi commun et d'où partait l'attaque contre Bihac. En deux jours,
Bihac a été désenclavée. Diplomates, séchez vos larmes ! Une au moins des
six "zones de sécurité" va finir par mériter son nom.
En deux jours, Bihac a été désenclavée. Une au moins
des six "zones de sécurité" va finir par mériter son nom. L'ONU a failli
au devoir qui etait le sien, la Croatie l'a rempli à sa place. Elle a
fait, pour Bihac au moins, ce que nous avions promis et pas osé. Son
action rend notre inaction encore plus honteuse. Est-ce pour cela que
certains la réprouvent ? L'ONU a failli au devoir qui était le sien, la
Croatie l'a rempli à sa place. Elle a fait, pour Bihac au moins, ce que
nous avions promis et pas osé. Son action rend notre inaction encore plus
honteuse. Est-ce pour cela que certains la réprouvent ?
Si les Croates avaient compté sur la négociation
pour rétablir leurs droits sur le territoire de leur propre pays, Bihac
aurait connu à bref délai le sort de Srebrenica. Cela justifie le moment
choisi et les moyens employés.
LA NECESSITE.
Le droit et le devoir intéressent les idéalistes.
Adressons-nous maintenant aux réalistes. La zone occupée jusqu'à présent
par les Serbes commençait, au nord, à 50 km de Zagreb, au sud, elle
atteignait presque l'Adriatique. Elle présentait une menace permanente sur
la capitale, la côte, les communications. Cette situation était
supportable tant que ces mêmes Serbes étaient pris à revers par les
Bosniaques de Bihac. Une fois Bihac tombée, c'est un bloc serbe compact
qui se serait étendu depuis la frontière macédonienne jusqu'au coeur de la
Croatie, rendant le pays indéfendable. La chute de Bihac aurait signifié
l'arrêt de mort d'un Etat filiforme et fragile.
Pour la Croatie, la passivité aurait été suicidaire.
Tudjman, s'il avait reculé, aurait mérité l'opprobre de son peuple,
condamné par cette abstention à l'asservissement. La Croatie a agi poussée
par la nécessité, elle ne pouvait pas faire autrement.
L'action croate était légitime, elle était
inévitable. La chute de Knin est la seule bonne nouvelle que le monde ait
reçue depuis celle du mur de Berlin. Bien d'autres questions se posent aux
réalistes. Tudjman a-t-il agi en accord secret avec Milosevic ? La Serbie
attaquera-t-elle en Slavonie orientale ? La reconquête croate
amorce-t-elle une reconquête bosniaque ou, au contraire, un partage de la
Bosnie ? Il faut se demander aussi quel sera le sort des Serbes dans les
régions reconquises. Il serait indécent de faire un procès d'intention aux
Croates, mais naïf de leur accorder une confiance aveugle. La vigilance
est indispensable.
Cependant la réponse à toutes ces questions, quelle
qu'elle soit, ne change rien à ce constat : l'action croate était
légitime, elle était inévitable. La chute de Knin est la seule bonne
nouvelle que le monde ait reçue depuis celle du mur de Berlin.
On a rêvé d'un monde juste où ne régneraient que le
droit et le devoir, et d'où la nécessité serait bannie. L'ONU, par son
inaction et sa lâcheté en Bosnie, par ses reculades permanentes devant la
loi du plus fort, par sa diabolique persévérance à renvoyer dos à dos
l'agresseur serbe et les victimes croates et bosniaques, a tué, pour
longtemps sans doute, ce rêve.
La Croatie, faible, menacée, dévastée, se soumet à
la nécessité tout en revendiquant son droit et en accomplissant son
devoir. Les reproches qui lui sont adressés sont puérils, si on songe à la
situation objective. Ils sont écoeurants, si l'on pense aux états de
service de ceux qui les formulent. On a honte que les dirigeants français
soient de ce nombre.
Paul Garde est professeur émérite à l'université de
Provence. Il est l'auteur de Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, 1992.
© Le Monde.
La Presse, Le mercredi
6 novembre 2002
CROATIE
Les statues de Zagreb
Michèle Bernard, collaboration spéciale,
La Presse
Zagreb a la grâce et la dignité de la vieille Europe. Si
voyager, c'est pénétrer l'âme d'un peuple, quelle est la clé de cette ville?
Suivez le guide. Ou mieux les guides, car les statues des parcs enseignent le
chemin du coeur de la capitale millénaire de la Croatie, la Hrvatska (lire
Khoeur-vatt-ska).
Zagreb se souvient. Dans les jardins de la
basse ville siège la sculpture L'Histoire des Croates, oeuvre de
Mestrovic (1932). Une force tranquille émane de la jeune femme assise. Mémoire
de son peuple, elle protège de ses mains jointes le livre rédigé en glagol,
alphabet inventé en Croatie, ancêtre de l'écriture cyrillique utilisée par les
orthodoxes orientaux.
La libre et artistique Zagreb est bien savante. Tout autour des parcs fleuris,
la vie culturelle prolifère avec ses théâtres, opéra, ballets, salles de
concerts, musées nationaux, galeries d'art naïf et collections particulières,
université ou sérieuses académies.
Zagreb l'européenne. Devant la gare, on tombe nez à nez avec la statue du roi
Tomislav, oeuvre de Mihanovic (1947). À deux pas, l'hôtel Esplanade, de style
Art déco, dessert depuis 1925 les voyageurs de l'Orient-Express. Son restaurant
demeure une des meilleures tables en ville. Et puis l'écrivain contemporain
Miroslav Krleza ne proclame-t-il pas «L'Europe finit sur la terrasse de
l'Esplanade»?
Zagreb guerrière. Originaire des Carpates, la tribu des Croates est invitée au
VIIe siècle par l'empereur romain Héraclius à défendre les Balkans.
Les Croates sont venus, ont vu et ont vaincu. Puis, ils sont restés, troquant
leur conversion à la foi chrétienne contre la protection du pape Jean de
Dalmatie. En 925, l'empereur proclame roi leur chef Tomislav. Le seigneur unifie
le pays jusqu'à la mer. Le royaume ne dure pas et à partir du 11e
siècle, la Croatie s'éternise sous la domination hongroise.
Zagreb ambiguë. Même pendant le joug
socialiste, la fierté historique des Croates subsiste. «Quoi, vous n'avez pas de
roi?» taquinent-ils leurs voisins slovènes venus vendre le produit de leur ferme
au marché Dolac. Où dominaient déjà les beaux parasols rouges d'aujourd'hui,
affirme-t-on.
Dans la ville haute de Zagreb, les collines Kaptol et Gradec rivalisent depuis
toujours. Dès 1093, l'ecclésiastique Kaptol abrite évêché et cathédrale
catholiques. Au 12e siècle, la séculière Gradec loge le Sabor -le
Parlement- ainsi que la noblesse et la bourgeoisie. Entre les deux, la place
Jelacic est le point de chute de la ville. Plaque tournante, tous les tramways
semblent y aboutir. De là rayonnent rues piétonnières et commerçantes,
casse-croûte et restaurants, terrasses et cafés où déguster les viennoiseries
d'usage. Les jeunes se donnent rendez-vous «sous la queue du cheval» de Josip
Jelacic, oeuvre du sculpteur Fernhorn (1866).
Zagreb résistante. Slava mu, gloire à lui! Le vice-roi Jelacic réclame en 1848
l'abolition de toute tutelle pour les Slaves de l'empire austro-hongrois. Il
perd la bataille et la Croatie demeure soumise jusqu'en 1918. Fait étrange, la
statue de Jelacic demeure en place sous la domination magyare. En 1947, le
socialiste Tito la fait disparaître, luttant contre tout nationalisme de la part
des six républiques yougoslaves. On sort Jelacic de la poussière en 1991 lors de
l'indépendance de la Croatie.
Zagreb idéaliste. Au 19e siècle, Strossmayer est partisan de la
réunion de tous les Slaves du Sud, les Yugo-Slaves. La sévère statue du
patriote-évêque, oeuvre de Mestrovic (1925), trône dans les jardins portant son
nom. Strossmayer n'a vu ni le début ni la fin de son rêve, la Yougoslavie.
Tendre Zagreb. Sourire aux lèvres, les passants s'attendrissent devant le
Banc de Matos, oeuvre du contemporain Ivan Kozaric (1972). Assis
éternellement, le sage et filiforme personnage de bronze médite près du
funiculaire reliant villes haute et basse. Bienvenue à Zagreb. Dobrodosli.
Belgrade de notre envoyé spécial
Des intellectuels serbes qui ont défendu, voire
participé, à la création de la "République serbe", ce territoire bâti
par la "purification ethnique" de 1992 à 1995 en
Bosnie-Herzégovine, tentent depuis des semaines de créer à Belgrade un
réseau qui défendrait leurs idées radicales et s'opposerait au Tribunal
pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).
Marginaux, ils pensent pourtant avoir un
certain allié en la personne du président Vojislav Kostunica, et
estiment que la stratégie de défense de Slobodan Milosevic leur attire
la sympathie de l'opinion publique serbe.
L'historien Kosta Cavoski a créé un Comité
international pour la vérité sur Radovan Karadzic, le chef de guerre
bosno-serbe recherché par la justice internationale pour "génocide,
crimes contre l'humanité et crimes de guerre". M. Cavoski est
d'excellente humeur quand il commente le procès de Slobodan Milosevic.
"Il est en train de retourner l'opinion publique en sa faveur, et
Radovan Karadzic échappe à l'OTAN."
"Nous avons choisi le nom de Karadzic car il
est un symbole, un mythe, une légende, et un nom populaire, raconte
Kosta Cavoski. Il fut plus ou moins le plus propre, politiquement et
moralement, des politiques serbes des années 1990." Que l'historien
tienne ce discours n'a rien d'étonnant, puisque les nationalistes
belgradois, dont Vojislav Kostunica, ou l'écrivain et théoricien des
"transferts de population" Dobrica Cosic, ont défendu dès 1993 le
rejet par Radovan Karadzic des plans de paix. Ceux-ci s'opposaient à
leur idéal de "Grande Serbie" (l'unification de la Serbie-Monténégro
avec les "terres serbes" de Croatie et de Bosnie).
Ce qui est nouveau est que M. Cavoski a
partiellement raison lorsqu'il évoque "un nom populaire".
M. Karadzic, qui avait achevé la guerre avec une image désastreuse
auprès du peuple serbe, celle d'un chef mafieux ayant profité du conflit
pour s'enrichir, est redevenu un "héros" grâce à des années
d'atermoiements occidentaux et un statut de fugitif insaisissable.
Le Comité international pour la vérité sur
Radovan Karadzic (www.karadzic.org) n'a pour l'instant pas de lien avec
le Comité international pour la défense de Slobodan Milosevic (www.icdsm.org),
mais un rapprochement n'est pas impossible. "Des personnalités du
Comité Milosevic nous intéressent, dont l'avocat français Jacques Vergès,
confie Miroslav Toholj, ex-ministre de l'information de M. Karadzic
à Pale. Nous étions fâchés avec Slobodan Milosevic durant et après la
guerre, et même encore à l'époque du conflit au Kosovo, mais il est
clair que nous nous rejoignons dans notre opposition au TPIY."
Les ultras-nationalistes du Comité Karadzic,
qui reprochaient à Milosevic-président l'abandon de "terres serbes",
seraient presque séduits par Milosevic-accusé. "Les opposants à
Milosevic sont devenus des partisans de Milosevic ! veut croire
Aleksa Buha.Car il démontre que le TPIY est un tribunal anti-serbe..."
Professeur de philosophie et ex-ministre des affaires étrangères à Pale,
M. Buha, qui n'est pas membre du Comité Karadzic, se dit toutefois
proche de MM. Cavoski, Toholj et... Kostunica. "Kostunica et moi,
c'est la même chose. Des idées identiques. Nous sommes des démocrates
nationalistes, dit-il. La différence est que lui est au pouvoir,
alors que moi je suis libre."
Pour Aleksa Buha, "Vojislav Kostunica est
resté fidèle à nos idées". Il en veut pour preuve l'opposition du
président yougoslave au TPIY et les excellentes relations qu'il
entretient avec le Parti démocratique serbe (SDS), créé par Radovan
Karadzic. Et, à l'appui de ses dires, il exhume son livre Arguments
en faveur de la République serbe (L'Age d'Homme, 1999).
"AGIR COMME SI"
Dans un texte intitulé Naissance de la
République Serbe (lire ci-contre), Vojislav Kostunica exprime
clairement son aversion pour la Yougoslavie fédérale, de même que pour
une Bosnie-Herzégovine unifiée, et ne cache pas sa préférence pour un
"Etat national serbe" en ex-Yougoslavie, une "Grande Serbie" donc,
appelée à exister "à plus ou moins long terme".
M. Kostunica préconise même d'"agir comme si"
la "Grande Serbie" existait, et comme si la Bosnie-Herzégovine ne devait
être respectée que "dans la forme". Il voit dans l'accord de paix
de Dayton davantage d'opportunités de diviser ce pays que de le
réunifier. Il fait l'apologie d'Aleksa Buha, un des fondateurs de la
République serbe auquel M. Karadzic confia après la guerre les rênes du
SDS, "un homme infiniment conscient de la pertinence d'un Etat serbe".
Kosta Cavoski ne partage pas l'enthousiasme
d'Aleksa Buha sur la fidélité de M. Kostunica aux idées nationalistes.
"Depuis nos luttes pour la démocratie sous Tito, nous avons partagé
beaucoup de combats politiques. Mais Kostunica est désormais très
prudent. Sa politique officielle est acceptable par les étrangers. Il
coopère de facto avec le TPIY, alors que moi je suis résolument contre
une telle coopération !"
Miroslav Toholj précise que le Comité Karadzic
n'a "malheureusement" aucun lien avec un parti politique, ni en
Serbie ni en République serbe. "Nous souhaitons juste dire la vérité
sur Radovan Karadzic, avec le soutien de sa femme, Liljana." La
publication des "œuvres complètes" de l'homme de Pale, réunissant
ses discours politiques, sa poésie et ses pièces de théâtre, a commencé.
Rémy Ourdan
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION
DU 03.07.02
RE: Le Monde 3.7.02,
A Belgrade, des intellectuels
serbes entretiennent la popularité du chef de guerre
(Hrvatski)
VOICEOFCROATIA.NET, 13.
SRPNJA 2002.
"Argumenti u prilog Republike Srpske"
Jos jedan
dokaz da su HV i HVO samo porazili plan Velike Srbije i zaustavili
agresiju
U velikosrbskom povjestnom konzumu Slobodan
Milosevic nije sam.
Le Monde
je u "europskoj" rubrici "FEDERATION YOUGOSLAVE" -
plod i nasega "izlazka iz izolacije"? - upravo donio vijest (veliko)srbskog
povjesnika Koste Cavovski kako je i Radovan Karadzic: "simbol", "mit", "legenda",
"popularno ime". ( Le monde
, 3. 7. 2002.) Kosta Cavovski je osnovao
Medjunarodno vijece za istinu o Radoslavu Karadzicu (Comite international
pour la verite sur Radovan Karadzic - www.karadzic.org).
Nikada Slobo (kako ga vole nazivati Srbi) nije bio sam. Nije sam Slobo
poveo cetiri (4) rata u regiji. Za svjetske je medije Reuters na 29. 6.
2002. registrirao 14,000 beogradskih prosvjednika u slikama i vokalizaciji
Milosevica, Karadzica i Ratka Mladica.
Sto je reci, Milosevicu Srbi - kao sto znamo - zamjeraju neuspjeh
velikorbske agresije i terorizma (napustanje "srbskih zemalja" - Hrvatske
i Bosne;
ibid
). Velikosrbski je sovinizam i ekspanzionizam i
danas ziv i zdrav, jednako kao i neuroza hrvatskih boljsevickih partijaca
i bjelosvjetskih gospodara sto nas zeli vratiti na ovaj-ili-onaj nacin u
konfliktnu zajednicu. Eufemisticki nam pritom podmecuci velikosrbske
poltrone za "demokrate", a medju koje se guraju i Stjepan Mesic i Ivica
Racan po vec tradicionalnu obrazcu kompleksa manje vrijednosti.
Velikosrbski monoliti u svojoj istini racunaju na predsjednika Srbije i
Crne Gore ("Jugoslavenske federacije"?), Vojislava Kostunicu, i u tome
nalaze podporu i krugova izvan Karadziceva Vijeca:
Srbski intelektualci koji su
branili, znaci sudjelovali u stvaranju "Republike Srpske", tog
teritorija stvorena "etnickim ciscenjem" od 1992. do 1995. u Bosni i
Hercegovini, nastoje vec tjednima u Beogradu stvoriti mrezu za obranu
njihovih radikalnih ideja i odpor Medjunarodnom sudu za ratne zlocine
bivse Jugoslavije. Marginalci (sic!), u tome racunaju na podporu u osobi
predsjednika Vojsilava Kostunice...
(...)
Profesor filozofije i bivsi ministar vanjskih poslova s Pala, g. Buha,
koji nije clan Karadziceva Vijeca, kaze da je on svakako blizak gospodi
Cavoski, Toholj i.... Kostunica.
"Kostunica i ja, to je ista stvar. Iste
ideje. Mi smo nacionalisticki demokrati, kaze on. Razlika je samo u tome
sto je on na vlasti, a ja sam slobodan."
Za Aleksu Buha,
"Vojislav Kostunica je ostao vjeran nasim
idejama".
Za dokaz tome, on navodi odpor jugoslavenskog
predsjednika Tribunalu (TPIY) i odlicne odnose koje on odrzava sa
Srbskom Demokratskom Strankom (SDS), koju je osnovao Radovan Karadzic. U
podporu svojim izjavama, on izkopava svoju knjigu "Argumenti u prilog
Republike Srbske" [
Arguments en faveur de la République serbe
(L'Age d'Homme, 1999)].
U tekstu naslovljenu
Rodjenje Republike Srbske (Naissance de la
République Serbe) (procitati vis-a-vis teme),
Vojislav Kostunica jasno izrazava svoju
odbojnost naspram federalne Jugoslavije, i jednako tako jedinstvenosti
Bosne i Hercegovine, i ne krije svoje preference za "Srbsku nacionalnu
drzavu" u bivskoj Jugoslaviji ( Etat
national serbe
), dakle za "Veliku Srbiju", koja je dozivana u
nastajanje u "manje-vise dugom roku".
G. Kostunica cak preporucuje "djelovati kao da" (agir comme si!) ta "Velika
Srbija" postoji, i kao da Bosna i Hercegovinu ne treba respektirati "u
formi". U Daytonskom sporazumu on vidi vise mogucnosti da se zemlja
podijeli nego ujedini. On radi apologiju od Alekse Buha, jednog od
utemeljitelja Republike Srbske kojemu g. Karadzic povjerava uzde SDS-a
nakon rata, "covjeka bezkrajno svijestnoga vaznosti srbske drzave (Etat
serbe)".<<
(Le monde, 3. 7. 2002)
(prijevod je s francuskoga, pa srbski izvori cititrani gore mogu biti
nesto drugaciji nego sto je prevedeno; op.a.)
Jos jedan dokaz da su Hrvatska Vojska i Hrvatsko
Vijece obrane porazili plan Velike Srbije i zaustavili agresiju - ovaj
puta dolazi pravo iz srbskih izvora, dakle... Zar podilaziti Haaskom
tribunalu.
Hoce li hrvatske snage znati iskoristiti barem ovaj trenutak i izvore??
Unatoc tome sto u istome clanku Kosta Cavovski spasava Kostunicu, jer je
njegova "sluzbena politika prihvatljiva strancima", jer on "suradjuje s
Tribunalom", eulogija Zapadu iz beogradskih ureda i/ili ulica nije vise
nikomu uvjerljiva. Nama Hrvatima bi najmanje smjela biti, sto zahtijeva
napokon i konkretne poteze distanciranja.
Posve je svejedno hoce li Stjepan Mesic i Ivica Racan, skupa s Ministrom
Vanjskih poslova, Toninom Piccula, hrvatski samozaborav i dobrosudsjedske
odnose i nadalje reklamirati na sluzbenoj razini po uredima Srbije i Crne
Gore ("Jugoslavenske Federacije"), ili na beogradskim ulicama - njihova je
politika falila podneblje i cijelo jedno povjestno razdoblje, ako samo
jedno.
Minimum hrvatskoga koncezusa znaci vratiti slobodu za hrvatske branitelje
sto su zaustavili velikosrbsku agresiju u RH i BiH, implementirati
hrvatsku politiku, protiv istocnjacke neodgovornosti i varljiva partijska
rjecnika, protiv nepouzdanosti "jugoslavenske federacije" - u zamjenu za
neuroticnu politiku:
"Cak i da nema mrznje izmedju
Hrvata i Srba, cak i da ne postoji velikosrbski sovinizam i
ekspanzionizam [kao sto postoji; op.a.], trebalo bi Hrvate izdvojiti iz
zajednice sa Srbima [Srbijom; op.a.], jer se u njoj nuzno pojacavaju bas
one neurotske tendencije Hrvata, koje su stoljecima paralizirale njihove
politicke snage." (Ogledi o narodima, HL, HSN 1995)
Zbog (i) ovakve velikosrpske "sluzbene politike
prihvatljive strancima" po kriterijima Koste Cavovskog??
|