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"Hrvatski List", 8 octobre 2009
Christophe Dolbeau
Il y a 75 ans, l’attentat de Marseille…
Il y a 75 ans, le 9 octobre 1934, la foule marseillaise qui s’était massée place de la Bourse, près du square Puget, assistait, peu après 16 heures, à l’épilogue sanglant d’une page de l’histoire des Balkans : l’exécution du roi de Yougoslavie, Alexandre Ier Karadjordjević.
Atteint de plusieurs balles tirées depuis le marchepied de sa voiture par un révolutionnaire macédonien, le monarque, qui venait de débarquer du croiseur Dubrovnik pour une visite officielle en France, succombait vers 17 heures dans les salons de la préfecture. Grièvement blessé à la tête et au foie, le tireur, Veličko Georgijev-Kerin, alias Kelemen, mourait également : traîné dans un kiosque de police et abandonné sans aucun soin, il allait agoniser jusqu’à 23 heures. Quant au ministre français des Affaires Étrangères, Louis Barthou, touché à l’artère humérale durant la fusillade, il succombait lui aussi, mais à l’hôpital et probablement par suite d’une erreur de diagnostic (un simple garrot aurait pu le sauver).
L’enquête qui suivit mit rapidement en lumière un complot orchestré par le mouvement nationaliste croate Oustacha et l’organisation macédonienne VMRO, deux groupes farouchement hostiles à la « Yougoslavie ». À la suite de divers témoignages et après examen des fiches d’hôtel, la police se lança immédiatement à la recherche de 5 ou 6 suspects. Grâce à un numéro inscrit au revers de la doublure du gilet de Kelemen, numéro qui conduisait à une succursale parisienne du magasin « La Belle Jardinière », elle fut vite sur la piste de trois étrangers qui avaient résidé à Paris et dans sa proche banlieue. Le 11 octobre, Zvonko Pospišil et Ivan Rajić étaient appréhendés à Thonon (d’où ils s’apprêtaient à fuir en Suisse), et, le 15 octobre, Mijo Kralj était arrêté à Melun.
Déférés devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence, les trois oustachis – qui n’étaient, après tout, que des complices – seront condamnés aux travaux forcés à perpétuité, au terme de deux procès houleux qui prononceront aussi la condamnation à mort « in abstentia » des organisateurs présumés de l’attentat, Ante Pavelić, Eugen Kvaternik et Ivan Perčević.
Une foule d’irrégularités
Violemment pris à partie par une presse déchaînée, handicapés par leur ignorance ou leur méconnaissance de la langue française et pratiquement condamnés d’avance, les inculpés n’eurent pas vraiment l’occasion de s’expliquer. Au nombre des irrégularités judiciaires dont ils furent victimes, citons la participation aux interrogatoires de Živojin Simonović et Vladeta Miličević, deux agents secrets yougoslaves, le recours à un interprète serbe, ou la radiation, le 19 novembre 1935 et en pleine audience, de leur avocat, Me Georges Desbons. Connaissant parfaitement le dossier et réputé très hostile au régime yougoslave, ce dernier risquait de se montrer un peu trop virulent, et l’on prit donc prétexte d’un incident tout à fait mineur pour s’en débarrasser et lui interdire le prétoire. Lors du second procès (du 5 au 12 février 1936), les oustachis seront défendus par le bâtonnier Émile de Saint-Auban, assisté de Mes Bonelli, Cabassol et Noël.
Bien qu’ils fussent accusés de complicité dans l’assassinat de Louis Barthou, ajoutons que jamais la défense n’eut communication de l’expertise réalisée par M.M. Gatimel et Béroud, du laboratoire technique de la police marseillaise, expertise contresignée par le commissaire Mondanel, vice-président d’Interpol, et qui se concluait ainsi : « La balle retrouvée dans la voiture royale du côté gauche où était assis le président Barthou constitue un projectile blindé de cuivre d’une cartouche de 8 mm, modèle 1892. Cette balle est du même calibre que celles tirées par les agents de police. Elle n’a pas été tirée par l’un ou l’autre des pistolets trouvés en la possession de Kelemen » (1). Toujours au chapitre de la balistique, remarquons encore que le ministère public fut étonnamment discret au sujet des autres victimes de la fusillade : on ne sut pas par quels projectiles le général Georges, le policier Célestin Galy ou Mmes Armelin, Dupré, Durbec et Faris (2) avaient été atteints. Une circonspection pour le moins étonnante et qui autorise toutes les conjectures…
Alexandre, tyran sans pitié
Le procès ne permit pas non plus d’en savoir beaucoup plus sur les motifs et les origines de l’engagement des inculpés. Il est vrai que tout acquise à l’ « amitié franco-serbe », la cour n’aurait pas supporté de s’entendre conter les excès d’un souverain qui, pour s’être montré un allié valeureux de la France, n’en était pas moins devenu pour son peuple un tyran sanguinaire. De toute évidence, la « raison d’État » commandait de ne pas s’appesantir sur les méthodes de gouvernement d’un monarque qui avait ordonné le pillage de la Croatie, l’emprisonnement, la bastonnade ou l’exécution des récalcitrants, en s’appuyant sur des gendarmes que l’historien François Broche (3) a pu décrire comme de « vulgaires truands ». Dans le contexte passionnel et diplomatiquement très délicat de ce procès, il est probable que les magistrats n’eussent pas autorisé que l’on rappelât le sort tragique du professeur Milan Šufflay, de Marko Hranilović, de Matija Soldin, de Petar Oreb et Josip Begović, tous assassinés par les sbires du roi Alexandre. Sans parler du colonel Stjepan Duić, l’un des chefs de l’Oustacha, tué à Karlovy Vary quelques jours avant l’attentat de Marseille (le 28 septembre 1934) par un espion serbe.
Des idéalistes et non des bandits
Ces faits ne disculpaient pas les accusés au regard de la loi, mais ils auraient pu permettre aux jurés et au grand public de se forger une opinion plus juste sur la révolte des patriotes croates. Parfaitement conscients de tout cela, les avocats tentèrent d’ailleurs, avec un maximum de tact, de corriger l’image déplorable que la presse avait donnée de leurs clients.
« On ne peut juger comme des criminels de droit commun ceux qui combattent et tuent, hélas, pour un idéal », s’exclama Me Bonelli.
« Les oustachis », continua Me de Saint-Auban, « ne sont pas des hommes qui se vendent. Ils se font tuer pour une cause juste, celle des opprimés. Il suffit de les voir et de les entendre pour être sûr que ce ne sont pas des criminels de droit commun… La violence appelle la violence, et les meilleurs professeurs de terrorisme des oustachis furent les gendarmes serbes… Il n’y a pas d’association de malfaiteurs, les oustachis n’étant ni gangsters ni voleurs ne demandaient que la révision de certains traités et l’indépendance de leur patrie » (4). Et le bâtonnier de conclure sa plaidoirie par ces mots : « … je vous demande, messieurs les jurés, d’ouvrir la porte des cimetières croates et de vous pencher sur les martyrs, les suppliciés qui reposent là et qui n’ont plus de haine pour ceux dont la politique fut si néfaste » (5).
Le plus souvent dépeints comme des « tueurs assoiffés de sang », les trois accusés laissèrent en général une tout autre impression aux quelques personnes qui purent les approcher. Ainsi, l’abbé Louis Pons, aumônier de la prison d’Aix, les décrit comme respectueux et déférents, avant d’attribuer à l’un d’eux (Kralj) « l’allure d’un bon enfant, d’un brave garçon de nos campagnes ».
Quant au commissaire Alexandre Guibbal, ex-contrôleur général de la police marseillaise, il attribue à Pospišil « un regard d’illuminé, un peu effrayant, mais reflétant malgré tout une impression d’honnêteté et de bravoure », avant de porter sur l’Oustacha et la VMRO le jugement suivant : « Elles ne sont cependant pas composées de repris de justice ou de gens sans aveux mais d’honnêtes gens, au regard du droit commun, persuadés d’être de véritables patriotes et uniquement animés par un idéal » (6).
La loi et la morale
Le verdict fut rendu le 12 février 1936 à 19h 30 : les oustachis sauvaient leur tête (que le procureur Rol avait réclamée), mais ils écopaient d’une peine à perpétuité. À l’annonce de la sentence, il y eut une brève manifestation à Zagreb où les vitres du consulat de France furent brisées. Du côté yougoslave, on regrettait que la guillotine eût été écartée, mais on se déclarait néanmoins satisfait : « Deux semaines après la condamnation des trois oustachis », écrit le commissaire Georges Paulet (7), « selon la tradition, des décorations récompensèrent les hautes personnalités ayant suivi de plus ou moins loin l’affaire, les zélés enquêteurs qui participèrent aux recherches, sans oublier les témoins à charge. Des commissaires, entre autres, furent nommés Chevaliers de l’Aigle Blanc de Serbie ».
On ne pouvait, à Belgrade, jeter plus grand discrédit sur l’indépendance de la Justice française !
Que les trois oustachis aient été sévèrement condamnés n’a rien de choquant en soi ; il y avait bien eu crime et la victime était un allié et un invité de la France. Il était légitime de sévir et tout autre État eût sans doute réagi avec la même fermeté.
Ce qui paraît beaucoup plus contestable, en revanche, c’est que l’on ait profité de cette tragédie pour diaboliser durablement les nationalistes croates et la cause même de l’indépendance croate. Après tout, les trois hommes n’avaient fait que rendre la monnaie de sa pièce à un usurpateur dont le gouvernement français était bien placé pour connaître les abus et les crimes (à l’automne 1928, Aristide Briand et Gaston Doumergue avaient donné leur feu vert à l’instauration de la dictature). De Judith, l’exécutrice d’Holopherne, à Claus von Stauffenberg, en passant par Chaerea, l’assassin de Caligula, nombreux sont les tyrannicides envers lesquels l’Histoire témoigne d’une mansuétude certaine. Coupables et condamnables au regard de la loi, ils ne le sont pas forcément au regard de la morale. Cicéron, saint Augustin ou saint Thomas l’avaient déjà compris. Il y a bien longtemps.
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(1) Ce rapport ne fut publié qu’en 1974 par Jacques de Launay (Les grandes controverses de l’histoire contemporaine 1914-1945, Genève, Edito-Service).
(2) Mmes Durbec et Faris sont mortes des suites de leurs blessures. L’agent Galy est également décédé en 1935.
(3) Alexandre Ier – Louis Barthou, Paris, Balland, 1977.
(4) cf. Georges Paulet, Autour de l’assassinat d’Alexandre Ier, Lyon, Editions du Coq, 1949, pp.139-141-143.
(5) cf. Géo London, Les grands procès de l’année 1936, Paris, Editions de France, 1937, p.66.
(6) cf. Revue Internationale de Criminologie et de Police Technique, N°1-1955, p.13, 17.
(7) G. Paulet, op.cit., p.153.
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HRVATSKI LIST - 8. 10. 2009. PDF (hrvatski)
Prije 75 godina, atentat u Marseilleu...
Christophe Dolbeau
Prije 75 godina, 9. listopada, 1934., oko 16 sati, veliki broj građana Marseillea, skupljen na mjestu Burze, kod trga Puget, svjedočio je krvavom epilogu jedne balkanske priče : ubojstvu jugoslavenskog kralja Aleksandra Karađorđevića.
Nakon što ga je jedan makedonski revolucionar pogodio mecima s praga njegovog vozila, kralj, koji je došao brodom Dubrovnik u službenu posjet Francuskoj, podliježe ranama u 17 sati u prostorijama prefekture.
Teško ranjen u glavu i jetru, atentator Veličko Georgijev-Kerin, alias Kelemen, također umire. Policija ga je odvukla u malu policijsko stražarnicu i tamo ga ostavila da umre u mukama u 23 sata - bez ikakve skrbi. Glede pak francuskog ministra vanjskih poslova Louisa Barthoua, koji je bio pogođen tijekom pucnjave u arteriju iznad podlaktice, on također podliježe ranama u bolnici, može biti radi krive dijagnoze (malo podvezivanje ispod rane možda bi ga spasilo).
Istraga koja slijedi odmah donosi na svjetlo dana urotu koju je organizirao hrvatski nacionalistički pokret „Ustaše“ i makedonska organizacija VMRO - dvije grupe izrazito neprijateljski raspoložene prema Jugoslaviji .
Nakon brojnih iskaza, i nakon pretresa hotelske dokumentacije, policija odmah kreće u potjeru za 5 ili 6 osumnjičenika. Zahvaljujući broju uvezenom na reveru prsluka kojeg nosi Kelemen, taj će ih broj odvesti u podružnicu trgovine « La Belle Jardinière », odmah na tragu troje stranaca koji su boravili u Parizu i okolici. Dana11. listopada policija uhićuje Zvonka Pospišila i Ivana Rajića u gradiću Thononu (odakle su se oni spremali bježati u Švicarsku), a 15. listopada policija uhićuje i Miju Kralja u Melunu.
Izvedeni pred sud u Aix-en-Provenceu, trojica ustaša, koji su bili samo suradnici u atentatu, osuđeni su na doživotnu robiju, i to nakon vrlo burnih rasprava, a koje dovode i do smrtne kazne „ in abstentia“ za navodne organizatore atentata : Antu Pavelića, Eugena Kvaternika i Ivana Perčevića.
Mnogo nepravilnosti
Osumnjičeni pojedinci , nakon što ih je neobuzdano novinarstvo divljački počelo napadati, a koji su sami bili hendikepirani neznanjem francuskog jezika, te stoga unaprijed već osuđeni, nisu imali priliku dati svoje iskaze. Pored brojnih pravnih neispravnosti kojima su bili žrtve, navedimo također i sudjelovanje u ispitivanju dvaju tajnih jugoslavenskih agenata, Živojina Simonovića i Vladete Miličevića, korištenje srpskog prevoditelja, kao i uklanjanje 19. studenog za vrijeme rasprave njihovog odvjetnika Georges Desbonsa.
Budući da je Desbons sjajno poznavao cijeli slučaj, a budući da je imao reputaciju čovjeka neprijateljski raspoloženog prema jugoslavenskom režimu, pronašao se potpuno beznačajni incident kako bi se njega maknulo i zabranila njegova obrana. Tijekom drugog procesa ( od 5. do 12. veljače 1936), ustaše brani glavni pravnik Émile de Saint-Auban kojemu pomažu g Bonelli, Cabassol i Noël.
Premda su bili optuženi za sudioništvo u ubojstvu Louisa Barthoua, navedimo da obrana nije nikada dobila rezultate ekspertize g. Gatimela i g. Berouda iz tehničkog laboratorija marsejske policije. Tu istu ekspertizu supotpisao je komesar Mondanel, potpredsjednik Interpola, a koja je glasila ovako:
« Metak koji je pronađen u kraljevskoj kolima s lijeve strane, tamo gdje je sjedio predsjednik Barthou, učinjen je od bakra, a čahura je promjera 8 mm, model 1892. Metak je istog kalibra kao i meci koje su ispalili policijski agenti. Metak nije bio ispaljen niti iz jednog niti iz drugog pištolja u vlasništvu Kelemena. »(1)
Kad je već riječ o balistici, napomenimo da je javno ministarstvo bilo zapanjeno škrtim riječima glede ostalih žrtava pucnjave. Ne zna se kakvi su projektili pogodili generala Georgesa , policajca Célestina Galya, gospodu Armelina, Dupréa, Durbeca i Farisa (2). Opreznost koja je u najmanju ruku čudi i koja dopušta svakakve špekulacije...
Aleksandar, nemilosrdni tiranin
Sudski proces nije omogućio da se više sazna o motivima i povodima akcije osuđenika. Činjenica je da sud, sav zanesen « francusko-srpskim prijateljstvom », ne bi nimalo tolerirao da mu se pričalo o ekscesima kralja, koji je, da se pokazao kao vrijedan saveznik Francuske, nije zato bio ništa manje krvoločan tiranin svoga naroda. U svakom slučaju, « raison d’etat » nije dopuštao da se gubi vrijeme na metode vladanja kralja koji je naredio pljačku Hrvatske, zatvaranja, mlačenja, pa čak i ubojstva protivnika, time što se oslanjao na žandarmeriju, koju povjesničar François Broche opisuje kao « vulgarnu bandu » (3).
U cijelom tom emotivnom i diplomatski delikatnom procesu vjerojatno da sucima nije bilo dopušteno da ih se podsjeti na tragičnu sudbinu Milana Šufflaya, Marka Hranilovića, Matije Soldina, Petra Oreba i Josipa Begovića, koje su ubili Aleksandrovi žbiri. A da ne govorimo o pukovniku Stjepanu Duiću, jednom od šefova Ustaša, kojega jedan srpski špijun ubija u Karlovym Varima, nekoliko dana prije atentata u Marseilleu ( 28. rujna 1934).
Idealisti, a ne banditi
Ove činjenice ne opravdavaju osuđenike naspram zakona, no one su mogle pomoći poroti i publici da stvore bolju sliku o revoltu hrvatskih patriota. Svjesni svega toga, pravnici su između ostalog pokušali s mnogo takta izmiijeniti lošu sliku koju je tisak stvorio o njihovim strankama
« Ne može se suditi kao obične razbojnike ljudi koji se bore za neki ideal » rekao je branitelj Bonelli.
« Ustaše nisu ljudi za prodaju » nastavio je pravnik Saint-Auban. « Oni su žrtve pravične stvari, stvari ugnjetavanih. Dovoljno je da is se vidi i čuje pa da se ustanovi da to nisu obični kriminalci. Nasilje poziva na nasilje, a najbolji profesori ustaškog terorizma bili su srpski žandari… To nije skupina razbijača, budući da ustaše nisu nikada bili niti gangsteri niti kradljivci, samo traže reviziju nekih sporazuma i nezavisnost svoje domovine » (4).
A na glavnom branitelju bilo je da završi svoju obranu ovim riječima : « Molim vas, gospodo porotnici da otvorite vrata hrvatskih grobova i da pogledate sve one mučenike koji tamo počivaju i koji nemaju više mržnje za one čija je politika bila tako teška » (5).
Najčešće prikazini kao ubojice žedni krvi, trojica optuženika ostavili su drukčiji dojam na osobe koji su im mogle prići. Tako ih svećenik Louis Pons, župnik zatvora u Aixeu, opisuje kao respektabilne i pristojne prema Sudu, a pritom je rekao za jednog od njih (Kralja) da izgleda kao « dobar dečko sa našeg sela ».
Glede komesara Alexandra Guibbala, bivšeg općeg kontrolora marsejske policije, on opisuje Pospišila kao čovjeka « žarkih očiju, malo zastrašujućih, ali usprkos svemu koje izražavaju i daju dojam časti i hrabrosti », da bi zatim donio o ustašama i VMRO-u slijedeći zaključak : «Te organizacije nisu sačinjene od ljudi bezakonja, nego od časnih ljudi koji su, s obzirom na pravo, uvjereni da su stvarni domoljubi i koje nose jedan ideal » (6).
Zakon i moral
Presuda je donesena 12. veljače u 19.30 sati. Ustaše su sačuvale glavu (koju je glavni tužitelj Rol tražio), ali su zato osuđeni na doživotne kazne. Na vijest o presudi došlo je do manjih demonstracija u Zagrebu, kada su stakla na konzulatu Francuske bila polupana. S jugoslavenske strane žalilo se što je giljotina izbjegnuta, no svejedno je preneseno zadovoljstvo. « Dva tjedna nakon presude trojici ustaša », piše komesar Georges Paulet, « po običaju, podijeljena su odlikovanja visokom osobama koje su pratile cijeli slučaj, kao i upornim ispitivačima koji su sudjelovali u istrazi, ali i svjedocima. Komesari su, između ostalih, bili imenovani vitezovima „Bijelog Orla Srbije »
Dakle, nije se moglo iz Beograda baciti veću ljagu na neovisnost francuskog pravosuđa !
Ne treba biti šokantno što su trojica ustaša bilo tako strogo kažnjeni. Dogodio se zločin, a žrtva zločina bio je saveznik i gost Francuske. Legitimno je bilo kazniti, a i svaka druga država bi bez dvojbe rabila istu strogoću.
Ali ono što je bilo puno zabrinjavajuće jest da se ta tragedija iskoristila za trajno sotoniziranje hrvatskih nacionalista kao i same hrvatske neovisnosti. Konačno, troje ljudi samo su platili istim novcem uzurpatoru o čijim je zločinima i nepodopštinama francuska vlada dobro znala ( u jesen 1928. godine, Aristide Briand i Gaston Doumergue dali su zeleno svjetlo za uspostavu diktature). Počevši od Judite, koja je ubila Holoferna, pa do Stauffenberga, pa sve od Chaerea (Kaerea), ubojice Kaligule , brojni su ubojice tiranina prema kojima povijest pokazuje stanovitu simpatiju. Krivi i bez dvojbe za osudu glede zakona, nisu oni zato za osudu u moralnom smislu. A to su dobro shvatili Ciceron, sv. Toma, i sv. Augustin. I to jako davno ...
(Christophe Dolbeau je francuski pisac i književnik).
(1) Taj je izvještaj objavljen je 1974. od Jacques de Launay (Les grandes controverses de l’histoire contemporaine 1914-1945, Genève, Edito-Service).
(2) G. Durbec et g. Faris umiru od posljedica ranjavanja. Agent Galy također umire 1935.
(3) Alexandre Ier – Louis Barthou, Paris, Balland, 1977.
(4) cf. Georges Paulet, Autour de l’assassinat d’Alexandre Ier, Lyon, Editions du Coq, 1949, pp.139-141-143.
(5) cf. Géo London, Les grands procès de l’année 1936, Paris, Editions de France, 1937, p.66.
(6) cf. Revue Internationale de Criminologie et de Police Technique, N°1-1955, p.13, 17.
(7) G. Paulet, op.cit., p.153.
Preveo Tomislav Sunic.
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